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Dans le détail

Pour rentrer dans le détail…

La petite Histoire …

Dans un petit village des Hautes-Pyrénées, une ancienne grange et une licence IV sont à vendre.

Trois familles qui se sont rencontrées en Amérique Latine, et toutes trois revenues en France, au milieu des années 1990, sautent sur l’occasion.

Ils inventent le Café du Village à Anères.

C’est ainsi que Didier et Françoise, Patricio et Guadalupe, et Francisco créent pour l’occasion une SCI « Pour le Bonheur » (Société Civile Immobilière), pour concevoir et partager la propriété des murs. Chaque famille détiendra un tiers : trente-trois parts.

Dans la foulée, l’association loi 1901 « Remue-Méninges – Les Amis du Café du Village » est créée le 1er novembre 1997. Depuis et jusqu’à maintenant, c’est elle qui anime les activités du Café du Village d’Anères ; conformément à des statuts inspirés des idéaux humanistes et collégiaux des années 1970.

Les personnes morales étant bien distinctes, les propriétaires et sociétaires de la SCI « Pour le Bonheur » décident de procéder à l’écriture d’un commodat, au bénéfice de Remue-Méninges, afin que l’association exploitante du Café puisse jouir sereinement des lieux, imaginer et composer fêtes, festivals et autres réjouissances sous la protection et la garantie d’un support légal gracieux ; et ce, selon certaines conditions spécifiques, comme le droit de propriété le permet.

Et cela, pendant quelques vingt années…

Dès l’origine, quasiment, un Festival de Cinéma Muet (1998), unique en son genre, rendez-vous incontournable de tant d’amis et de tant d’amis de la culture poussa dans ce jardinet fantaisiste ; suivi bientôt des premières fêtes de la Goguette (2008)  ; accompagnés, toute l’année, tous les 22 de chaque mois, de fêtes magnifiques, spectacles, concerts, apéritifs, déambulations, forainneries magiques, vingt-deux heures de la Chanson et deux heures de Rappel qui font du Café du Village un endroit singulier, à part, – autre chose, de l’avis de tous.

Le Conseil d’Administration de Remue-Méninges se tient le premier mardi de chaque mois : il est collégial et ouvert à toutes et à tous.

Et tous les prix (sauf au moment du Festival du Cinéma Muet) sont en participation libre et nécessaire, toute l’année, au cochon, dans les murs de notre Café à tous, ancrant la plus grande réussite politique de ce lieu, conforme à la philosophie profonde des enfants de la Sécurité Sociale « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » et, complétant la révolution de cette maxime en ceci, en y injectant le principe de plaisir.

Laissez mijoter, répétez, puis servez le geste d’amitié à grandes louches de respect et de rigolade, et voici Gilou (ami et pilier du Café, décédé en 2013) dessinant à la plume blanche la seule loi d’airain du Café du village :

On peut tout faire au Café, mais pas n’importe quoi.

Les premiers chantiers de propriété collective

Remue-Méninges grossissant, faisant des petits, fécondant fêtes et imaginations, tant et si bien, pendant tant de temps, que l’association, prenant en ampleur, au fil de tant d’années, grosse de ses nouveaux amis, puis, certains propriétaires s’étant éloignés au fur et à mesure de bien d’autres raisons, plus ou moins joyeuses, plus ou moins tristes… il se pensa un jour que la forme juridique ne correspondait plus tout à fait à la réalité en place.

Depuis bien longtemps déjà, certains propriétaires avaient envisagé de récupérer les parts qu’ils avaient octroyées au projet au départ ; et l’ensemble crut bon de cranter au-dessus, en édifiant carrément la propriété collective du Café du Village.

En 2018, une première ébauche fut tentée, qui combina consultation de notaires, regards divers et variés sur les meilleures structures pour garantir la collectivité de la propriété des murs, d’une part, et qui permettrait la garantie et la pérennité, d’autre part, des activités de l’association « Remue-Méninges », bénéficiaire du commodat.

Si l’expropriation est quasiment (sauf hypothèque ou saisie pour x raisons motivées profondément) impossible en droit de la propriété privée, il n’en est pas de même pour le droit associatif, qui, bien que jouissant de certaines protections, est, par exemple, tributaire de l’appréciation du préfet, qui peut modifier à son gré sa dissolution (bien que celle-ci se doive d’être motivée, également, normalement).

Autrement dit, si Remue-Méninges, comme toute association, est sujette aux vents ou aux récifs politiques, les murs dont Remue-Méninges jouit restaient protégés par le droit privé.

Mais la propriété voulait devenir collective.

Il était difficile pour cette raison que Remue-Méninges devienne directement propriétaire des murs et, bien qu’on imagina aussi cette option. On ne la retint pas.

De prospection en recueils de promesses d’achat de parts, une tentative de structure de propriétaires multipliés, une SCI à plusieurs milliers de propriétaires, détenant chacun une part de 22€, s’imagina ; mais la proposition n’aboutit pas faute d’officiers publics prêts à la soutenir et au vu des complications induites des différentes dispositions légales.

Une estimation fut faite : chaque propriétaire reprendrait ses parts pour, chacun, un montant de 22 000€ ; portant le rachat de toutes les parts de la SCI à 66 000€.

Finalement, la proposition prise dans une ornière plongea ce premier chantier dans le sommeil, et d’un sommeil l’autre, les années passèrent…

Entre temps, l’un des propriétaires et pilier de Remue-Méninges, Didier, nous fut arraché par la maladie, et ses parts revinrent à ses enfants, Hugo et Lola, portant le nombre de propriétaires à quatre, depuis 2022.

Relance du chantier et création des Amis du Bonheur

Jusqu’en 2026, les propriétaires actuels toujours désireux de céder leurs parts, le commodat toujours en place depuis 2004, nous avons dans l’intervalle, de manière informelle glané, ici ou là, à l’aune des expériences extérieures, nombreuses, étonnantes, fécondes ou bancales, regardé, étudié, renseigné les différentes aventures et chantiers de propriété collective autour de nous ; les modèles qu’ils mettaient en place, et les implications politiques que ceux-là venaient induire.

Particulièrement, beaucoup d’entre nous suivirent ou se trouvèrent de près ou de loin à soutenir et à applaudir la magnifique aventure de la Chapelle, à Toulouse, association active depuis 1993, à qui nous envoyons nos vœux de lutte et de réussite.

Janvier 2026, et les travaux reprennent – presque dix années après la première tentative, et vingt après les premiers débats concernant la récupération de leurs parts par les propriétaires.

Un coup de grelot nous oblige à nous re-re-remuer les méninges.

D’emblée, nous écartons l’idée que Remue-Méninges rachète directement les parts – afin de protéger l’association, qui, si la conjoncture politique se retournait subitement contre nous, pour x ou y raisons, se trouverait dissoute, et avec elle, la propriété foncière.

Trois formes juridiques principales s’offraient alors à nous pour le rachat des parts :

- La création d’une SCIC (Société Civile Immobilière Coopérative) ; option que nous regardons mais que nous ne retenons pas. En effet, une SCIC permet effectivement la propriété collective par un système de parts, mais nous savions, de manière réaliste, que cela suppose une administration particulièrement rodée, et un bureau permanent, afin de gérer les flux de parts (décès, revente, héritage, convocations aux AG etc.) ; et ce, dans des proportions que nous savions que nous ne tiendrions pas.

- La vente des parts actuelles à des associations amies, au sein de l’actuelle SCI ; option hasardeuse au vu des différentes ressources des différentes associations et qui ne répondait pas nécessairement à notre cahier des charges (propriété collective, dans un idéal collégial)

- La création d’une nouvelle association, à but foncier, dont l’objet serait, par levée de fonds (dons), de racheter 98 % des parts (une SCI doit compter au moins deux sociétaires différents) au sein de l’actuelle SCI ; et permettant la gouvernance et la prise de décision quant aux questions foncières relativement aux statuts que nous aurions écrits, tel que la loi 1901 le permet, avec sa liberté, et sa philosophie à but non-lucratif.

En rachetant 98 % des parts et non la totalité, nous laissons deux parts restantes symboliques à Hugo et Lola, les enfants de Didier, gardiens de l’histoire du café et de ce qui a été bâti entre ces murs.

Cette dernière option est celle que nous avons retenue parmi toutes les autres, rendant ainsi hommage à notre culture de l’associatif, articulant les différents enjeux et contraintes dans les statuts ci-dessous, et nous permettant de nous doter d’un outil parfaitement légal, séparé de Remue-Méninges, avec une comptabilité et une caisse à part, et qui permet, car tel est notre serment, de perpétuer le commodat avec l’association exploitante actuelle.

Autrement dit, la propriété privée de trois familles devient, à 98 %, une propriété collective associative, renouvelant et ajustant aux nouveaux enjeux les contours légaux de l’affaire et, dès la propriété des parts cédées acquise, reconduisant le commodat de 2004 avec Remue-Méninges.

1996
1996

Francisco, Patricio et Didier investissent dans la SCI, qui achète le Café et le met à disposition de Remue-Méninges par un commodat.

Aujourd’hui
Aujourd’hui

Francisco, Patricio, Lola et Hugo ont des parts dans la SCI, propriétaire du Café, que Remue-Méninges gère.

Demain
Demain

La Maison de Marie-Louise, les Goguettes, le Festival d’Anères et tous ceux qui veulent sont membres des Ami·e·s du Bonheur, qui achète les parts de la SCI. Remue-Méninges gère toujours le Café.

Ainsi est née, en juin 2026, l’association « Les ami.e.s du Bonheur », mandatée pour récolter entre 70 000€ et 75 000€ (selon frais de notaire), par le biais de dons uniquement consacrés à cela, afin de racheter les murs du Café du Village à Anères ; et que ce projet hors norme, devienne, évolue, comme la vie fait, dans un cadre légal sécurisé et collectif.

En résumé

Coupure de presse

Les Ami·e·s du Bonheur, la SCI et le Café : ce que chacun fait.

Les statuts de l’association

Treize articles en quatre titres : dénomination, objet, siège social · membres et adhésions, bureau collégial, fonctionnement du bureau collégial, garantie des sièges du bureau collégial, fonctionnement des assemblées générales, modification des statuts, dissolution · ressources · engagement général, éthique.

Statuts de l’association « Les Ami.e.s du Bonheur »

Le document se lit en l’ouvrant.

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